Êtes-vous victime de violence ?

Comprendre le pouvoir et le contrôle :

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Roue du pouvoir et contrôle-Femmes (PDF)

Plusieurs personnes pensent que la violence est un problème de gestion de la colère – ce n’est pas ça. La violence est une tentative de gagner du pouvoir et du contrôle sur une autre personne en utilisant des tactiques émotives, physiques ou sexuelles. Le pouvoir et le contrôler sont au centre de la relation de violence. La violence, c’est quand une personne essaie à répétition de gagner du pouvoir ou du contrôle sur une autre personne – essaie de gagner du pouvoir et du contrôle sur la façon dont l’autre personne pense, sur ce qu’elle ressent, sur de qu’elle fait, sur la façon dont elle se voit elle-même et qu’elle voit le monde autour d’elle. L’agresseur est toujours la personne responsable de la violence.

L’une des formes les plus reconnaissables de la violence est la violence physique parce qu’elle peut laisser des marques et que ses effets sont faciles à reconnaître et à voir. La violence physique  on l’a « en pleine face ».

La violence physique, c’est être frappée, battue, poussée et bousculée, brûlée et giflée, se faire cracher dessus, être étouffée, battue à coup de pied et mordue. L’agresseur peut utiliser une arme ou non. La violence physique peut aussi inclure la négligence physique comme de priver une personne de nourriture ou de médicaments, la traiter physiquement de manière brusque, la retenir contre son gré ou ne pas s’occuper de ses besoins personnels ou de ses soins de santé. Une partie de la violence physique consiste à intimider l’autre personne en détruisant ses biens personnels, par exemple.

Il y a plusieurs façons d’avoir du pouvoir et du contrôle sur une autre personne et elles peuvent être moins faciles à reconnaître au début ou encore parce qu’elles sont plus subtiles. Au lieu d’avoir recours à la violence physique ou sexuelle, plusieurs agresseurs pourraient utiliser des formes verbales, financières, spirituelles, psychologiques ou émotives pour avoir plus de pouvoir et de contrôle sur l’autre personne. Bien qu’elles soient souvent « invisibles », ces formes de violence peuvent avoir des effets encore plus dévastateurs. Certaines formes de pouvoir et de contrôle sont décrites ci-dessous. Toutes ces formes de violence peuvent souvent mener à la violence physique.

La violence émotive ou psychologique peut comprendre dénigrer une femme, la rabaisser, crier constamment, hurler, refuser de lui parler, la manipuler, l’insulter, la menacer, l’humilier ou la critiquer, être excessivement jaloux ou la soupçonner, la menacer ou la harceler, elle et son groupe de soutien, menacer ses animaux de compagnie, l’isoler de son groupe de soutien, la priver d’amour et d’affection ou encore détruire ses biens. La violence émotive et verbale, ce sont des mots et des attitudes pour dire à une femme qui elle est et surtout qu’elle n’est pas assez bonne. Pour certaines femmes, la violence émotive peut être pire que la violence physique et elle peut prendre plus de temps à guérir. La violence émotive peut mener à l’épuisement mental, émotif et spirituel.

La violence sexuelle, c’est toute activité sexuelle non désirée, non sécuritaire, dégradante ou offensante. Cela comprend le viol (agression sexuelle), mais aussi les attouchements sexuels non désirés, le harcèlement sexuel ainsi que les pressions pour avoir une relation sexuelle et l’exploitation sexuelle. La violence sexuelle peut inclure le contrôle des choix de reproduction et le rejet et la dégradation de l’identité sexuelle d’une femme. Plusieurs femmes ont appris que non veut dire non. Il arrive qu’une femme consente à des gestes sexuels et que oui ne veut pas dire oui. C’est ce qu’on appelle la soumission. Quand une personne accepte de faire un geste sexuel afin d’assurer sa sécurité ou parce qu’elle est épuisée des pressions constantes, ce geste sexuel n’est pas un acte consenti, mais un acte de soumission. Cela peut avoir des effets aussi importants sur l’estime de soi d’une femme que toute autre agression à caractère sexuel. La violence sexuelle peut provoquer la honte et plusieurs femmes ne reconnaissent pas qu’il s’agit d’un acte criminel, spécialement quand cela se passe dans leur relation intime.

La violence économique ou financière comprend toute action qui a pour but d’enlever le droit d’une femme à devenir ou à être indépendante sur le plan financier ou de participer aux décisions financières et d’en avoir le contrôle. Cela peut inclure d’empêcher une femme de travailler ou de garder un emploi, de contrôler ses choix en matière d’emploi, de l’exploiter financièrement, de détruire sa cote de crédit, de s’attendre à des gestes sexuels en retour d’argent et de limiter ses capacités de fréquenter un établissement d’enseignement ou de terminer ses études.

Il y a sexisme lorsqu’une femme se fait dire qu’elle a moins de valeur parce qu’elle est une femme ou qu’on la traite de telle ou telle façon parce qu’elle est une femme. Le sexisme prend sa source dans le système de valeurs voulant que les hommes soient supérieurs aux femmes et il est utilisé pour maintenir le pouvoir et le contrôle dans une relation en définissant les rôles, les règles, les attentes et la valeur au sein de la relation en fonction du sexe. Cette croyance renforce souvent les messages transmis dans notre culture et notre société.

La violence spirituellepeut inclure d’empêcher une femme de participer à des pratiques spirituelles ou religieuses, de dénigrer ses croyances ou d’utiliser ses croyances spirituelles pour justifier la façon dont l’agresseur la menace ou la contrôle. Toutes les formes de violence visent à atteindre la santé et le bien-être spirituels et émotifs d’une femme.

Utiliser les enfants est un moyen d’avoir du pouvoir ou du contrôle dans la relation. Cela peut inclure de menacer une femme de lui enlever ses enfants si elle met fin à la relation, de blesser ou de menacer de blesser les enfants, d’utiliser les enfants, après la séparation, pour espionner leur mère ou communiquer avec elle, de ne pas payer la pension alimentaire ou de déprécier la valeur d’une femme en tant que parent.

Le déni, la minimisation et le blâme servent à faire croire à une femme qu’elle est responsable de la violence qu’elle subit. Cela se produit quand l’agresseur nie la violence ou laisse entendre que ce n’était pas aussi grave que la victime le laisse entendre, quand l’agresseur dit à une femme qu’elle est responsable de la violence ou qu’elle la mérite, quand l’agresseur ne prend pas la responsabilité de ses gestes ou lorsque les forces et les compétences d’une femme sont utilisées contre elle. Cette forme de violence vise à faire croire à la femme qu’elle est responsable de la violence. Cela mène aussi à un sentiment d’impuissance dans tout ce qu’elle fait : sent qu’elle a tort et elle se blâme elle-même pour la violence qu’elle vit.

L’isolement et la jalousie extrême se produisent lorsqu’une femme n’est plus en mesure de communiquer avec son groupe de soutien (sa famille, ses amies et amis, son milieu de travail) ou même de se sentir libre et à l’aise de s’associer aux personnes qui l’entourent. Cela peut inclure que l’agresseur contrôle qui elle voit, où elle va et ce qu’elle fait, l’éloigne de ses amies et amis et de sa famille, l’accuse de le tromper ou l’oblige à déménager dans une collectivité où elle ne connaît personne et qui est éloignée de son groupe de soutien. Cette forme de violence sert à garder le domicile de l’agresseur stable et nuit à la capacité de la personne violentée de demander de l’aide pour la violence qu’elle subit.

L’intimidation et la menace, c’est l’utilisation de mots, de gestes ou d’actions pour amener une femme à avoir peur pour sa sécurité, tant sur le plan émotif que physique. Cela peut comprendre de menacer de la blesser, de lancer des objets ou de détruire ses biens, de donner des coups de poing dans les murs, de menacer de se suicider. Cette forme de violence peut créer de l’anxiété et du désespoir chez une femme.

Aucune forme de violence ne se produit de façon isolée. Toutes les formes de violence sont interalliées. Vous ne pouvez pas être victime de violence physique sans en ressentir les effets émotifs. Quand quelqu’un menace de vous prendre votre argent, c’est à la fois de la violence financière, de l’intimidation et des menaces. Quand quelqu’un vous injurie devant les membres de votre famille et que vous devenez trop mal à l’aise de passer du temps avec eux, il vous isole et c’est de la violence émotive et verbale.

Aucune forme de violence n’est pire qu’une autre. Elles visent toutes à blesser la personne que nous pensons être, à détruire ce que nous sommes et la façon dont nous l’exprimons dans notre vie.

Si vous êtes victime de violence ou que vous pensez l’être, vous pouvez communiquer avec la maison d’hébergement au 705-476-2429. Le personnel est disponible 24 heures par jour, tous les jours de la semaine.